Pour que la gratuité, l’accessibilité et l’universalité du système de santé et de services sociaux ne soient pas un poisson d’avril!

Pour que la gratuité, l’accessibilité et l’universalité du système de santé et de services sociaux ne soient pas un poisson d’avril!

Publiée le 1 / 4 / 2025


COMMUNIQUÉ POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

 

Pour que la gratuité, l’accessibilité et l’universalité du système de santé et de services sociaux ne soient pas un poisson d’avril!

 

(Rimouski, 1er avril 2025) La réforme Dubé est bel et bien engagée, mais rien n’indique pour le moment que ce énième rebrassage de structure apportera les résultats escomptés, c’est-à-dire rendre le réseau «plus humain et plus performant».

 

Dans ce contexte, le Réseau Vigilance Bas-Saint-Laurent se joint à la Coalition Solidarité Santé (CSS) qui appelle à des mobilisations régionales prévues aux quatre coins du Québec dans la semaine du 1er au 4 avril 2025. Au Bas-Saint-Laurent, une action sous le thème du poisson d’avril se déroulera sur les réseaux sociaux. Cette dernière visera à sensibiliser la population sur les enjeux découlant de la réforme Dubé. Cette action s’inscrit dans le cadre de la Semaine nationale d’actions régionales contre la réforme Dubé en santé et services sociaux instiguée par la CSS.

 

Lourdeur bureaucratique et imputabilité du ministre
Dans sa réforme, le ministre visait à séparer l’opérationnalisation et les orientations du réseau, dans l’objectif de le rendre plus agile et efficace. Nous pouvons d’ores et déjà constater que cela a eu pour effet d’alourdir et de complexifier la gestion du réseau. En effet, selon un article de La Presse publié le 15 mars dernier, on dénombre désormais 12% plus de cadres qu’avant la réforme, pour le ministère de la Santé et des Services Sociaux et Santé Québec réunis. La société d’État Santé Québec nous laisse aussi appréhender, après à peine quatre mois d’opération, une structure bureaucratique, centralisée, hiérarchisée, lourde et hermétique au niveau de l’information. Par ailleurs, notons le fait que le ministre déleste sa responsabilité ministérielle à une société d’État, créant une distance avec la société civile. Maxime Tremblay porte-parole du Réseau Vigilance Bas-Saint-Laurent déplore: «Cela nous inquiète particulièrement, car le ministre n’est plus aussi directement imputable qu’auparavant et peut se cacher derrière Santé Québec quand ça l’arrange. En termes de démocratie, le recours à une agence pour gérer notre système de santé et de services sociaux est très discutable.»

 

Centralisation et recul démocratique
Dès sa création en 1971, notre système de santé et de services sociaux a donné une place importante à la participation citoyenne à travers des structures démocratiques et des conseils d’administration de proximité. Les réformes successives ont amené toujours plus de fusions d’établissements, laissant de moins en moins d’espaces démocratiques pour être à l’écoute de la population, des usagers.ères et des employés.es du réseau. Au terme de ces réformes, on se retrouve avec une société d’État administrée par un seul conseil d’administration dont les membres sont non élus et rémunérés. Nous sommes loin de l’idéal envisagé à la création de notre système de santé et de services sociaux. Nous redoutons que la centralisation derrière Santé Québec ait inévitablement pour conséquence une perte de capacité à influencer les décideurs.euses, faisant craindre pour la considération des spécificités des populations locales et de la marge de manœuvre régionale.

 

Alors qu’on nous promettait que cette réforme devait amener une décentralisation de la gestion dans le réseau de la santé et des services sociaux, c’est tout le contraire qui se produit actuellement. Le cas des menaces de fermeture partielle des urgences de Pohénégamook et de Trois-Pistoles en est un exemple flagrant. Le gouvernement demande à Santé Québec de réduire les dépenses, ce qui provoque de graves coupures dans l’ensemble de notre réseau public. Les établissements régionaux comme le CISSS du Bas Saint-Laurent doivent composer dans un cadre dont les orientations sont désormais décidées à Québec ou à Montréal, plutôt qu’au Bas-Saint-Laurent, très loin de nos réalités régionales.

 

Recours grandissant au privé et désengagement de l’État
Dans sa réforme, le ministre Dubé nous dit vouloir donner une place «intelligente» au privé en santé, dans le but d’aider à désengorger le réseau public. Sa réforme facilite le recours au privé en le mettant sur un pied d’égalité avec le réseau public, ouvrant ainsi encore plus la porte aux pratiques de privatisation de services qui ont lieu depuis un bon moment. Avec la réforme Dubé, le privé est officiellement reconnu comme partenaire et son apport est désormais formalisé.

 

Le recours grandissant au privé a de graves conséquences. Premièrement, il accentue l’existence d’un système de santé et de services sociaux à deux vitesses, diminuant ainsi l’accessibilité, la gratuité et l’universalité des soins pour toutes et tous. Deuxièmement, même si le privé donne lieu à des visites gratuites en apparence, ce sont nos impôts qui paient pour ces services tout en permettant au privé de dégager des marges de profit. Troisièmement, le privé aggrave la pénurie de main-d’œuvre en détournant le personnel formé du réseau public.

 

En plus du recours au privé en santé, le ministre semble vouloir compter sur l’apport de différents partenaires, dont les organismes communautaires, pour partager la responsabilité populationnelle des soins et services et ainsi réduire la pression sur le réseau. «Cela nous fait craindre un délestage supplémentaire vers les organismes communautaires autonomes qui seront encore malheureusement considérés comme de simples prestataires de services, mettant au passage en péril leur autonomie, leur caractère alternatif et distinctif dans les communautés», relate Maxime Tremblay.

 

En résumé
La privatisation et la centralisation accrues du réseau de la santé et des services sociaux pavent la voie à un système de soins inéquitable, coûteux et inefficace, mettant du même coup en péril la gratuité, l’accessibilité et l’universalité des soins et services. Le Réseau Vigilance Bas-Saint-Laurent assure une vigie des impacts de la réforme et sonnera l’alarme sur tout éventuel dérapage. «Nous pensons que le gouvernement fait fausse route: au contraire, il faut décentraliser la gestion du réseau en réintégrant la participation citoyenne via des conseils d’administration de proximité, en redonnant confiance, en honorant et en donnant les moyens aux travailleuses et travailleurs du réseau qui portent le système de santé et de services sociaux à bout de bras et fermer la porte à l’expansion du secteur privé», conclut le porte-parole du Réseau Vigilance Bas-Saint-Laurent.

-30-

 

À propos du Réseau Vigilance Bas-Saint-Laurent
Le Réseau Vigilance Bas-Saint-Laurent est constitué de près de 10 organisations bas-laurentiennes issues de divers comités régionaux, groupes syndicaux et regroupements, soit: l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS BSL), le Conseil central du Bas-Saint-Laurent CSN, le Regroupement des organismes communautaires alternatifs en santé mentale du BSL (ROCASM-BF), le Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du Bas-Saint-Laurent (FIQ-SPSICR-BSL), la Table de concertation des groupes de femmes du Bas-Saint-Laurent (TCGFBSL) et la Table régionale des organismes communautaires (TROC) du Bas-Saint-Laurent. Il a vu le jour au printemps 2024, se donnant comme mission d’assurer une vigie des tenants et aboutissants du Projet de loi 15 et de l’implantation du Plan Santé et de Santé Québec dans le but d’informer et de sensibiliser la population sur les effets de tels remaniements pour les professionnelles et professionnels du milieu et les communautés bas-laurentiennes.

 

Pour information et entrevue:

Maxime Tremblay
Porte-parole du Réseau Vigilance Bas-Saint-Laurent
Agent de liaison à la TROC du Bas-Saint-Laurent
418 732-5441
liaison@trocbsl.org

Retour aux nouvelles